Analyse brève


Efficacité cardiovasculaire d’une adaptation intensive du mode de vie chez les patients atteints de diabète de type 2 ?


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15 03 2014

Analyse de
The Look AHEAD Research Group; Wing RR, Bolin P, Brancati FL. Cardiovascular effects of intensive lifestyle intervention in type 2 diabetes. N Engl J Med 2013;369:145-54.


Conclusion
Cette étude contrôlée randomisée multicentrique américaine menée chez des personnes en surcharge pondérale ou obèses et présentant un diabète de type 2 n’a pas pu montrer d’effet à long terme d’un changement intensif du mode de vie quant aux événements cardiovasculaires.


 


Texte sous la responsabilité de la rédaction néerlandophone

 

 

La revue Minerva a déjà discuté d’une étude montrant qu’en cas de résultat anormal à l’épreuve d’hyperglycémie, il est possible de retarder l’apparition du diabète de type 2 en adaptant le régime alimentaire et en augmentant la pratique d’exercices physiques, mais cette étude n’a pas montré d’effet favorable à long terme sur les critères de jugement forts (1,2). La chirurgie bariatrique a un effet positif au plan cardiovasculaire chez les personnes atteintes de diabète de type 2 (3) après un suivi de 13,3 ans de moyenne. Cette étude n’est pas randomisée et les résultats obtenus avec la chirurgie ne sont pas transposables aux autres méthodes de perte de poids.

Les résultats d’une étude contrôlée randomisée multicentrique (4) portant sur l’effet à long terme de la diminution du poids sur les critères de jugement cardiovasculaires chez les personnes atteintes de diabète de type 2 ont été récemment publiés. Cette étude, qui s’est déroulée dans 16 centres aux États-Unis, a inclus 5 145 personnes en surcharge pondérale ou obèses et atteintes de diabète de type 2 âgées en moyenne de 45 à 75 ans avec ou sans antécédents de maladie cardiovasculaire ( de manière à permettre une meilleure généralisation des résultats). Le groupe intervention (n = 2 570) a suivi un programme intensif axé sur le mode de vie et visant à atteindre et maintenir une diminution du poids de minimum 7 % par la restriction des apports caloriques (1 200 à 1 800 kcal/jour avec < 30 % de lipides et > 15 % de protéines, consommation de substituts de repas) et par l’augmentation de la pratique d’exercices physiques d’intensité modérée pendant au moins 175 minutes par semaine. Ce groupe a été comparé à un groupe témoin recevant une éducation relative au diabète (trois séances en groupe par an, les thèmes étant le régime alimentaire, l’exercice physique et le soutien social) (n = 2 575). L’étude a été menée en ouvert, mais l’évaluation a été effectuée en aveugle.

Après un suivi d’une durée moyenne de 9,6 ans, le taux d’incidence du critère de jugement primaire composite (décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, AVC non fatal, hospitalisation pour angor) était de 1,83 pour 100 années-patients dans le groupe intervention contre 1,92 pour 100 années-patients dans le groupe témoin. La différence n’était pas significative (HR 0,95 avec IC à 95 % de 0,83 à 1,09 ; p = 0,51)) alors que tout au long de l’étude, le poids, le tour de taille, la condition physique, l’HbA1c et la tension artérielle systolique étaient significativement mieux maîtrisés dans le groupe intervention. Les améliorations étaient les plus importantes au cours de la première année de l’étude. Les auteurs émettent quelques hypothèses pour expliquer l’absence de différence entre les deux groupes quant aux événements cardiovasculaires : puissance de l’étude trop faible pour montrer une différence ; la perte de poids devrait être durable pour que le risque cardiovasculaire diminue ; l’éducation et l’utilisation plus importante d’antihypertenseurs et de statines dans le groupe témoin que dans le groupe intervention ont eu un effet positif sur le risque cardiovasculaire dans le groupe témoin ; difficulté à démontrer une différence puisque les deux groupes bénéficiaient d’une meilleure stratégie en matière de risque cardiovasculaire ; enfin possibilité qu’une intervention qui ne se concentre que sur une réduction des apports caloriques et sur une augmentation de la pratique d’exercices physiques ne soit pas suffisante pour faire la différence. L’effet des autres régimes alimentaires chez les patients atteints de diabète de type 2 n’a pas encore été examiné.

 

Conclusion 

Cette étude contrôlée randomisée multicentrique américaine menée chez des personnes en surcharge pondérale ou obèses et présentant un diabète de type 2 n’a pas pu montrer d’effet à long terme d’un changement intensif du mode de vie quant aux événements cardiovasculaires.

 

Références

  1. De Cort P. Efficacité à long terme de mesures d’hygiène de vie en cas d’intolérance glucidique. MinervaF 2010;9(4):46-7.
  2. Li G, Zhang P, Wang J, et al. The long-term effect of lifestyle interventions to prevent diabetes in the China Da Qing Diabetes Prevention Study: a 20 year follow-up study. Lancet 2008;371:1783-9.
  3. Romeo S, Maglio C, Burza MA, et al. Cardiovascular events after bariatric surgery in obese subjects with type 2 diabetes. Diabetes Care 2012;35:2613-7.
  4. The Look AHEAD Research Group; Wing RR, Bolin P, Brancati FL. Cardiovascular effects of intensive lifestyle intervention in type 2 diabetes. N Engl J Med 2013;369:145-54.
Efficacité cardiovasculaire d’une adaptation intensive du mode de vie chez les patients atteints de diabète de type 2 ?



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