Revue d'Evidence-Based Medicine



Fluticasone en prévention chez l’enfant


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Minerva 2010 Volume 9 Numéro 1 Page 16 - 16


Analyse de
Ducharme FM, Lemire C, Noya FJ, et al. Preemptive use of high-dose fluticasone for virus-induced wheezing in young children. N Engl J Med 2009;360:339-53.


Conclusion
Cette étude montre un bénéfice de l’administration de fluticasone inhalée mais aussi des risques potentiels non évalués à moyen terme, ne permettant donc pas de recommander ce traitement en prévention.


 

 

Suites en bref...

Cette rubrique de Minerva vous propose un bref résumé de nouvelles études concernant des sujets précédemment traités dans Minerva. Le comité de rédaction estime que l’information nouvelle ne nécessite pas une analyse développée de la publication tout en justifiant une mise au courant de nos lecteurs, en recadrant ces nouvelles données dans la précédente évaluation publiée par nos soins.

 

Nous avons déjà analysé dans Minerva plusieurs recherches évaluant l’intérêt des corticostéroïdes inhalés chez de jeunes enfants, soit âgés de 2 à 3 ans et à haut risque d’asthme (RCT (1)), soit âgés de 2 à 108 mois et présentant des sibilances répétées avec ou sans diagnostic d’asthme (méta-analyse (2)). Dans ces 2 publications, un effet favorable des corticostéroïdes inhalés est observé sur les symptômes mais sans modification de l’évolution naturelle de l’affection. Une autre publication montrait l’intérêt d’administrer des doses faibles à modérées de budésonide (200 ou 400 μg par jour) à des enfants de moins de 11 ans présentant un asthme persistant dit modéré en termes d’évolution des valeurs de VEMs versus placebo (3).

Une RCT récente (4) évalue l’efficacité et la sécurité d’un traitement préventif par haute dose de fluticasone (750 μg 2x/j) durant 10 jours maximum pour réduire la sévérité des épisodes de sibilances liées à une infection virale chez 129 enfants âgés de 1 à 6 ans. Sur une période médiane de 40 semaines, 8% des infections respiratoires entraînent un recours à des corticostéroïdes systémiques (critère primaire) dans le groupe fluticasone versus 18% dans le groupe placebo : OR 0,49 ; IC à 95% de 0,30 à 0,83. La croissance en taille (valeur initiale jusqu’à la fin de l’observation) est inférieure dans le groupe fluticasone versus placebo : différence z score de -0,24 (IC à 95% de -0,40 à -0,08). Il en est de même pour la prise de poids : différence z score de -0,26 (IC à 95% de -0,41 à -0,09). Aucune différence n’est observée pour le taux de cortisol basal, pour la densité minérale osseuse ou pour les effets indésirables. Les auteurs concluent, à juste titre, que les risques potentiels de ce type de traitement sont plus importants que le bénéfice observé. Au vu du risque d’abus de ce type de traitement, cette approche préventive ne peut pas être actuellement adoptée en pratique clinique.

 

Conclusion

Cette étude montre un bénéfice de l’administration de fluticasone inhalée mais aussi des risques potentiels non évalués à moyen terme, ne permettant donc pas de recommander ce traitement en prévention.

 

Références

  1. Godding V, Chevalier P. Stéroïdes inhalés chez de jeunes enfants à haut risque d’asthme. MinervaF 2007;6(4):59-61.
  2. Chevalier P. Stéroïdes inhalés chez de jeunes enfants. MinervaF 2010;9(1):16.
  3. O’Byrne PM, Pedersen S, Busse WW, et al. Effects of early intervention with inhaled budesonide on lung function in newly diagnosed asthma. Chest 2006;129:1478-85.
  4. Ducharme FM, Lemire C, Noya FJ, et al. Preemptive use of high-dose fluticasone for virus-induced wheezing in young children. N Engl J Med 2009;360:339-53.
Fluticasone en <strong><a style="font-size:medium" data-toggle="popover" data-trigger="hover" title="prévention" data-content="Trois niveaux de prévention peuvent être distingués. La prévention primaire englobe toutes les interventions ou activités visant à la prévention d’une maladie. Ces interventions visent les facteurs étiologiques de la maladie, par exemple l’arrêt du tabac pour éviter le cancer du poumon ou la vaccination pour prévenir des maladies infectieuses. La prévention secondaire vise à influencer favorablement l’évolution d’une maladie par un diagnostic précoce, par exemple par un dépistage de l’hypertension ou par une recherche de cas de diabète sucré. La prévention tertiaire vise à améliorer la santé des personnes souffrant d’une maladie (chronique) en accélérant la guérison ou en évitant des complications. L’administration d’acide acétylsalicylique après un accident vasculaire cérébral ou le contrôle de la glycémie ainsi que l’éducation de la personne diabétique sont des exemples de prévention tertiaire.">prévention</a></strong> chez l’enfant

Auteurs

Chevalier P.
médecin généraliste

Mots-clés

fluticasone, sibilances

Glossaire



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