Editorial
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Minerva-f 2007;6(4):49 - PDF |
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La
formation médicale sans tain : la promotion de la gabapentine |
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Le vif intérêt des firmes pharmaceutiques pour
être reconnues comme partenaires de la formation médicale continue est perçu
de manière fort divergente par les différents organisateurs de telles
activités. Le récit, publié sous la forme d’une ‘Narrative
Review’ dans les Annals of Internal Medicine1,
de la promotion de la gabapentine (Neurontinâ) par |
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Une transgression de la réglementation
étatsunienne ou autre lors de la promotion d’un médicament est monnaie
courante2,3. Ce qui nous paraît surtout
intéressant dans cette affaire, c’est de découvrir la stratégie, bien
élaborée, qui a permis d’influencer pendant plusieurs années le jugement
et les stratégies de prescription des médecins. Pour la promotion de la
gabapentine, la firme a constitué des commissions d’avis, a organisé
des réunions de consultants et des séances de formation médicale continue
avec l’aide de tiers rémunérés. Cette stratégie s’appuyait sur
des promoteurs locaux avec la collaboration de leaders d’opinion devant
communiquer des messages favorables pour la gabapentine à leurs confrères. La
recherche et des bourses d’étude étaient également utilisées pour le
marketing, en encourageant les prescripteurs cibles à participer à cette
recherche, dans le cadre d’une grande étude ciblant des indications
fort larges. Le but final était l’obtention d’une part de marché
importante. Des sociétés de communication médicale étaient sollicitées pour
élaborer et publier des articles concernant la gabapentine dans les revues
médicales, mais aussi pour faire disparaître les études non favorables au
médicament. |
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Ces révélations sont perturbantes ; comment une
telle situation a-t-elle pu voir le jour ? Il faut, en premier lieu, se
rendre compte qu’un médicament a pu être promotionné pendant des années
en dehors des indications officielles (reconnues par |
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Cet exemple illustre également à la perfection
l’adage « Medical education
drives this market »2, manipulation de
la formation médicale continue guidée par une motivation exclusivement économique.
Ces constatations sont très inquiétantes pour l’évaluation de la
qualité de la formation médicale continue. Comme les auteurs de cet article, nous
y voyons une préoccupation essentielle. D’une part, de nombreux
médecins et collaborateurs revendiquent et construisent une information
indépendante ; les recommandations de bonne pratique, le CBIP et Minerva
en sont des exemples. Cette information indépendante critique est cependant
dépendante des études publiées, largement sponsorisées dans la plupart des
cas². Face à cette démarche, les stratégies de marketing, avec leur confusion
orchestrée entre résultats d’études, formation continue et promotion2,3. |
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Avec tous les professionnels de la santé et avec
les autres personnes réclamant une information indépendante à propos des
médicaments, Minerva plaide pour l’élaboration d’un code
rigoureux. Les conflits d’intérêt éventuels des médecins, des
chercheurs, des auteurs, des sociétés scientifiques, des revues, des
associations de patients, des organisateurs et orateurs de formation médicale
continue doivent être mentionnés dans |
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Pierre
Chevalier, Marc De Meyere |
Références